ENREDO (thème) 2009

Carmen MIRANDA

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2009, fête les 100 ans de la naissance de Carmen Miranda, qui est encore aujourd’hui l’une
des personnalités Brésiliennes les plus connues à l’étranger. 

Biographie

Carmen MIRANDA, de son vrai nom Maria da Carmo Miranda da Cunha, est née au Portugal le 09 Février 1909.
Ses parents, José Maria Pinto da Cunha (1887-1938) et Maria Emilia Miranda (1886-1917) émigrent vers le Brésil alors qu’elle n’a que deux ans, pour s’installer à Rio de Janeiro. Sa famille vit modestement et Carmen Miranda abandonne ses études pour travailler dans une chapellerie afin d’aider ses parents. Passionnée par la chanson, elle chante toute la journée.

Vers 1930, Carmen est découverte par le compositeur Josué de Barros qui lui décrochera un contrat avec la RCA. Elle sera alors propulsée sur les devants de la scène.
La Pequena Notável (la Petite Remarquable, surnom de Carmen au Brésil en raison de sa taille modeste d’1m53) est devenue l’artiste la plus aimée de son pays. En moins de dix ans, elle enregistrera 281 chansons et accumula les succès à la radio, au théâtre et au cinéma où elle est tête d’affiche de 6 comédies musicales (Alô alô Brasil, Alô alô carnaval … ).

Malgré le pastiche prononcé et une esthétique pauvre, ces films deviennent les véritables racines de l’une des expressions du langage cinématographique brésilien. Carmen Miranda électrise et bouleverse les gens avec humour, drôlerie et originalité.
Elle dessine ses costumes de Bahianaise et les enrichissait de fruits exotiques, de lamé et de paillettes. En faisant des grimaces tout en chantant et dansant, en remuant ses mains et ses yeux, elle allait conquérir la gloire.

C’est lors de l’un de ses concerts dans la célèbre boîte de nuit de Rio le « Cassino da Urca » que le producteur américain Lee Schubert la remarque et lui propose de venir avec lui à Broadway. Elle ne parle pas un mot d’anglais et, est complètement inconnue. Mais, grâce à son charisme, la chanteuse ne mit pas beaucoup de temps à s’imposer. Elle rencontre un succès immédiat dans la revue Streets of Paris et est déjà suffisamment célèbre pour se produire en 1939 devant le président Roosevelt. Hollywood lui fait miroiter un pont d’or.

Elle signe un contrat de 5 ans avec la 20th Century fox. Son premier film américain est Down Argentine Way en 1940. Elle y joue son propre rôle, ou plus exactement celui qu’on attend d ’elle : una nina loca au tempérament de feu. Surnommée aux Etats-Unis « The Brazilian Bombshell » elle explose dans un type de personnage basé sur ses spectacles et qui deviendra très vite auto-parodique. Elle tourne dans un bon nombre de films « escapistes » qui ont donné ses plus belles extravagances kitsch du cinéma hollywoodien. Après la guerre et la fin de ce genre, elle sera moins demandée au cinéma, sa célébrité même l’empêchant de pouvoir jouer autre chose que ce personnage stéréotypé. Elle ne demeurera qu’une comédienne de second rôle qui fut fureur comme chanteuse. Des 14 films qu’elle tourna, 2 sont très connus : Copacabana (1947) avec Gruco Marx et
Scared Stiff (1953) avec Lizabeth Scott.

Le 17 Mars 1947, elle épouse Dave Sébastien. Ce n’est pas un mariage heureux et Carmen fera une fausse-couche lors d’un show à New York. Ils n’eurent pas d’autres enfants.

Dans les années 50, sa carrière commence à décliner. Sa vie privée l’a rend si malheureuse qu’elle se met à boire de plus en plus et à prendre des stupéfiants.

Elle devient dépressive et finit par être internée dans une clinique psychiatrique où un médecin lui prescrit des électrochocs.

Carmen Miranda décède, foudroyée par une crise cardiaque à seulement 46 ans, le 5 août 1955 dans sa maison de Beverly Hills, en Californie. Sa mort sera vécue au Brésil comme un deuil national. Son corps fut transporté à Rio pour y être enterré. Plus d’1 million d’admirateurs suivirent le cortége en chantant ses chansons, adressant ainsi un dernier adieu à la Reine de la batucada.

Carmen Miranda avait gardé des relations ambiguës avec le Brésil après son départ.
Lorsqu’elle retourne brièvement dans son pays en 1940, le public et la critique, lui réservent un accueil mitigé, ayant gardé rancune de son départ. On l’accuse de s’américaniser et d’avoir bradé la culture de son pays. A ses détracteurs qui affirmaient qu’elle n’était plus la même depuis son retour des USA, elle répondit avec une chanson pleine d’humour : Disseram que voltei americanizada (Il paraît que je suis revenue américanisée).
La légende veut qu’elle ait souffert d’être toujours entre ces deux cultures et de ne pas avoir pu développer aux Etats-Unis autre chose que ce personnage caricatural et caricaturé de son vivant qui nous fascine et nous ravit toujours autant lorsqu’on le voit à l’écran.

Bons nombres de légendes sulfureuses entourent sa vie et sa mort. On a attribué son exubérance et sa vivacité presque surnaturelle à une surconsommation de drogues dures. Elle aurait caché la cocaïne qu’elle sniffait dans les talons de ses « Platform Shoes » géantes. Un voyage de repos qu’elle aurait effectué au Brésil en 1954 serait aussi dû à un état d’épuisement lié à la drogue qu’elle prenait pour assurer ses engagements. La cocaïne serait aussi une des raisons de son décès.

Près de 50 ans après sa mort, Carmen Miranda reste une icône incontournable de la culture Vamp aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne. Tout chez elle, a été repris, réutilisé, revampé, parodié par d’autres, performeurs, comiques, dessinateurs, drag-queens… Pourtant, ses gestes, ses intonations, ce jeu outré mille fois vu ailleurs, elle en est à l’origine et lorsqu’on la voit en vrai, la pêche qu’elle dégage transcende ce sentiment de déjà-vu… Elle est The real thing.

Au Brésil, elle reste une légende : c’est la première qui a introduit la musique brésilienne et le folklore lié au carnaval de Rio de Janeiro aux Etats-Unis et en Europe. Mais surtout, c’est la première brésilienne à avoir réussi une carrière internationale à Hollywood à une époque où Hollywood « était » le monde.

 

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