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Samba-enredo (musique) - Sinopse
(structure du défilé) - Fantasias (costumes)
- Enredo (thème)
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Quelques photos de petits carnavals...
en attendant celles du carnaval de Bordeaux...
Presidente : André TOLEDO CORREA
Presidente de honra : Jorge TEIXEIRA
Autores : Gérald/Laurent
Compositores : Laurent/Gérald
Arranjos : Gérald
Carnavalesco : Gérald
Fantasias : Christelle/Muriel/Gaetane
Puxador : Laurent
Ecouter un extrait de la maquette du samba-enredo (version avec tamborins):
Durée : |
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Encodage : |
Taille : |
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4 min 41 |
44,1 kHz / 16 bits / stereo
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3,33 Mo | |
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4 min 41
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44,1 kHz / 16 bits / stereo
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Real Audio | 1,15 Mo |
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Veille, Sua estrela brilha sempre Viajando pelos mitos brasileiros Vai moleque conhecer Diversidade é filha Macunaíma, não chora Como as filhas da felicidade Ô Mário, gênio brasileiro Gérald GUILLOT |
Une traduction approximative...
Ton étoile brille toujours Gamin, va découvrir (La) diversité est fille Macunaíma, ne pleure pas Comme les filles du bonheur Ô Mário, génie brésilien
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Quelques explications...
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Comissão de frente : |
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Ala
"Estrelas e constelações"
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Destaque :
"Piaiman o Gigante"
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Ala das passistas
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Casal
Porta-Bandeira e Meste Sala :
" Macunaima"
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Rainha da Bateria
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Ala da bateria : "Floresta"
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Carro de som
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Ala das Baianas :
"Cornucopia"
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Ala das crianças : "Formigas" |
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Ala mixta :
" Araras e Periquitos"
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Ala mixta :
"Flores e Borboletas"
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Ala dos convidados :
"Homens-maquina"
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Vei, mãe do sol
(comissão de frente)
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Floresta (bateria)
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Estrela
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Arara / Periquito
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Cornucopia (baianas)
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Flor
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Formiga (crianças)
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Porta Bandeira
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Mestre Sala
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Piaiman
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Borboleta
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Homem-maquina
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MACUNAIMA (O HEROI SEM NENHUM CARATER)
La signification des costumes de l'Ecole de Samba
dans le roman de Mario de Andrade.
Il est important de noter que les éléments naturels (Soleil, Lune, étoiles, ...) sont complètement humanisés (personnification) tout au long du roman ; de ce fait, leurs interventions deviennent aussi importantes que celles de Macunaima, ses frères et autres êtres humains.
De nombreuses métaphores pour décrire Véi (" elle
saisit une cravache de chaleur et en fustigea les lombes de notre héros
", " elle léchait le dos brillant de sueur de Maanape "…)
contribuent à faire de l'astre solaire un personnage à part entière.
Les relations entre Véi et Macunaima deviennent rapidement houleuses
suite à l'ingratitude du héros. En effet, Véi souhaite
lui donner une de ses filles mais Macunaima préfère courir une
poissonnière portugaise, refusant donc cette alliance solaire.
Cette attitude attirera à notre héros de nombreuses déconvenues
durant ses périples brésiliens.
Notamment, Véi finira par se venger en le plongeant dans les bras perfides
de la dame du lac, une Yara (que l'on peut certainement assimiler à une
sirène…)… ce qui provoquera alors sa mort " terrienne ".
Les étoiles et constellations sont omniprésentes dans le roman.
La métaphore occidentale " monter au ciel " pour parler de
la Mort prend ici toute sa dimension.
En effet, chaque personnage du roman qui meurt monte au ciel pour donner naissance
à une étoile. Cependant, il faut noter que la Terre et le Ciel
sont représentés comme deux mondes constitués d'êtres
vivants.
Quelques étoiles et constellations mènent le roman, notamment
Ci, la Mère-de-la-Forêt, qui apparaît comme le seul véritable
amour de Macunaima. De sa liaison avec le héros, naîtra un enfant
incarnat qui mourra empoisonné. Laissant alors à Macunaima une
mouiraquitan de jade (sorte de porte-bonheur qui constituera la quête
du héros pendant tout le roman), " Ci monta le long d'une liane
jusqu'au ciel. C'est là que Ci demeure désormais, (...), toute
pomponnée de lumière, changée en étoile. C'est Béta
du Centaure."
L'existence de l'étoile-filante, la comète, etc. sont expliquées
de la même manière.
Par exemple, Suzi, une compagne de Jigué (frère de Macunaima),
lui est infidèle, notamment avec Macunaima. Après moult disputes,
Jigué lui ordonne de s'en aller. " elle s'épouilla sans les
compter de tous les poux qui lui restaient et ça faisait encore un sacré
paquet, les attela à un fauteuil à bascule où elle s'assit,
les poux sautèrent hue dia ! et Suzi monta au ciel changée en
étoile sauteuse. C'est une étoile filante "
Enfin, il est important de souligner que Macunaima-même finira en étoile.
De ses déboires avec Véi, le héros perdit sa mouiraquitan
et sa jambe. Las de ce monde, il planta une graine de liane qui grandit et s'accrocha
à une corne de Capéï. Il devient alors La Grande Ourse.
Le Géant Piaïman - qui est également un ogre - n'est autre
que Venceslaw Pietro Pietra, le voleur de la mouiraquitan. Nombreuses stratégies
seront élaborées tout au long du roman pour récupérer
la pierre (entre autres, le déguisement de Macunaima en " française
" pour attendrir l'Ogre, et surtout la scène très descriptive
de candomblé pendant laquelle Macunaima demande à Exu de faire
souffrir le géant Piaïman...).
Il est amusant de noter que l'Ogre, amateur de cuisine italienne, aime particulièrement
cuisiner ses proies en accompagnement de macaronis ou de polenta !
Le héros du roman est " noir renoirci et fils de la peur qu'inspire
la nuit ". De nature plutôt paresseuse (il répète inlassablement
" j'ai la flemme ! "), Macunaima apparaît davantage comme un
être intéressé, amoral, essentiellement intéressé
par l'argent, les femmes et le pouvoir. Il est d'ailleurs décrit comme
" roublard, cruel, sensuel, démoniaque, farouche ".
Etymologiquement, son nom signifie d'ailleurs " le grand méchant
" : maku = mal et ima = suffixe grand.
Physiquement, Macunaima et ses frères représentent à eux
seuls le métissage du peuple brésilien. En effet, nés indiens
d'Amazonie, ils tomberont successivement dans une eau enchantée : Macunaima
sort blanc et blond aux yeux bleus. Jigué saute à son tour mais
l'eau déjà salie le rend seulement couleur " bronze neuf
". Enfin, Manaape n'y dispose que les paumes et la plante des pieds qui
seuls blanchissent.
" Quel beau spectacle de voir les trois frères un blond, un rouge
un noir debout bien plantés et nus sur le rocher ensoleillé !
"
A part quelques excursions à Sao Paulo, l'essentiel du récit
a lieu en forêt amazonienne. Cette nature luxuriante est décrite
tout au long du roman par de nombreuses énumérations de fruits,
animaux ou autres fleurs.
Par exemple, " ...des ingas aningas kapokiers cecropias et câpriers
aquatiques,le sajou-apelle le saimiri-écureuil le hurleur noir le hurleur
rouge l'atèle-chuva le lagotriche le saki le cajou-capucin, bref les
quarante espèces de singe du Brésil..." ou encore "
Jigué vit le carbet plein d'aliments, plein de bananes de maïs de
manioc doux, plein de vin de riz et de pivori, plein de marapas et camorins
tout frais pêchés, de grenadilles pommes-cannelle loucoumas sapotes
sapotilles, plein de boulettes farcies de viande de cerf et de chair fraîche
d'agouti "
en cours d'écriture...
De multiples fourmis interviennent dans les aventures de Macunaima.
Elles sont de noms divers (la fourmi quenquem, la fourmi tocandeïra Ilaque,
la fourmi tacouri Opala, la fourmi lavapés Megue...). Leur rôle
n'est pas explicite ; mais on comprendra qu'elles piquent les imposteurs et
viennent généralement en aide au héros. On pourrait penser
qu'elles sont la réincarnation d'êtres humains.
Aussi, Macunaima a le pouvoir de prendre leur apparence ; ce qui lui permet
donc d'échapper entre autres à Paoui-Podole.
Une réfléxion du héros est répétée
dans le roman :
" Santé et fourmis
Sont les deux soucis
De notre Brésil ! "
Signifiant
" Santé qui nous faut, excès de fourmis
Sont les deux grands maux de notre Brésil "
Au début du roman, des vols de perruches-soleils, aras rouges, perruches-amazones
et perroquets papegais saluent Macunaima, devenu de par son alliance avec Ci,
Mère de la Forêt, l'empereur de la Forêt Vierge.
Intervenant à plusieurs moments du roman, ils glorifient et protègent
Macunaima, leur empereur.
en cours d'écriture...
en cours d'écriture...
"Macunaíma, criação dum sonho,
inspiração dum povo."
Macunaíma, création d'un songe, inspiration d'un peuple
Macunaíma, personnage éponyme de l'oeuvre de Mario Andrade, " Macunaíma, le héros sans caractère ", symbolise à plusieurs titres le peuple brésilien, et c'est bien pour cela que notre école de Samba a pris ce nom. On peut même dire que non seulement cette oeuvre tire sa substance de ce peuple et de sa culture (" s'est inspiré de "), mais que dans une certaine mesure, Mario de Andrade a (ré)inventé le peuple brésilien (" a inspiré le peuple "). De plus, cette oeuvre a été écrite dans un moment intense d'inspiration qui peut être considéré comme un " rêve éveillé ", voire une transe.
Publié en 1928, avec un tirage d'à peine 800 exemplaires (Mario de Andrade ne trouva pas d'éditeur), Macunaíma, le héros sans caractère, est une oeuvre-pilier de la culture brésilienne.
Dans une narration fantastique et picaresque, Mario de Andrade reconstruit littérairement les thèmes de la mythologie indienne et les visions folkloriques de l'Amazonie et du reste du pays, fondant un nouveau langage littéraire, savoureusement brésilien.
Nationaliste critique, sans xénophobie, Macunaíma est l'oeuvre qui concrétise le mieux les propositions du mouvement de l'anthropophagie (1928), créé par Oswald de Andrade, qui cherchait une relation de réelle égalité de la culture brésilienne avec les autres. Pas par le rejet pur et simple de ce qui vient d'ailleurs, mais en consommant ce qu'il y a de bon dans l'art étranger. Il ne l'évite pas, mais, comme un anthropophage, mange ce qui mérite d'être mangé.
Le ton humoristique et l'inventivité narrative et linguistique font de Macunaíma une des oeuvres modernistes brésiliennes les plus en accord avec la littérature mondiale d'avant-garde, à son époque. Dans ce roman, on rencontre le dadaïsme, le futurisme, l'expressionnisme et le surréalisme appliqués à une vaste connaissance des racines de la culture brésilienne.
Mario de Andrade raconte qu'il écrivit Macunaíma en six jours, couché, bien à la manière de son héros, dans un hamac à Araraquara, état de São Paulo. Il dit: " Je n'usai guère d'invention dans ce poème facile à écrire (...). Ce livre ne dépasse finalement pas l'anthologie de folklore brésilien ". L'oeuvre, composée en seulement six jours, est le fruit d'années de recherche des légendes et mythes indigènes et folkloriques que l'auteur réunit en utilisant le langage populaire et oral de diverses régions du Brésil.
Mario de Andrade n'a jamais caché qu'il prit comme source principale l'oeuvre Vom Roraima zum Orinoco (du Roraima à l'Orenoque) de Theodor Koch-Grünberg, publiée en cinq volumes entre 1916 et 1924. Dans les légendes des héros taulipang et arecuna, présentées par Koch-Grünberg, Mario de Andrade rencontra le héros Macunaíma, qui, selon le studieux allemand, " était encore enfant, pourtant plus effronté que tous les autres frères ".
Koch-Grünberg lui-même, dans son introduction à l'ouvrage, relève l'ambiguïté du héros, doté de pouvoirs de création et de transformation, et en même temps, malicieux et perfide. Selon l'ethnographe allemand, le nom du héros suprême tribal semble comprendre comme partie essentielle le mot MAKU , qui signifie " mauvais ", et le suffixe IMA, " grand ". Ainsi, Macunaíma signifierait " le Grand Mal ", nom qui - observe Grûnberg - " colle parfaitement au caractère intrigant et funeste du héros ". D'un autre côté, les pouvoirs créatifs de Macunaíma ont conduit des missionnaires anglais, dans leurs traductions de la Bible en langues indigènes, à nommer le Dieu chrétien d'après le héros tribal contradictoire, décision que Koch-Grünberg commente en critiquant.
Ce fut pourtant dans l'oeuvre de l'ethnologue allemand que Mario de Andrade rencontra l'essence du brésilien. L'auteur même de Macunaíma nous raconte comment se produisit la découverte : " Ce qui m'intéressa pour Macunaíma fut incontestablement ma préoccupation de travailler et découvrir le plus possible l'entité nationale des brésiliens. Donc, après avoir beaucoup lutté, j'ai vérifié une chose qui me paraît certaine : le brésilien n'a pas de caractère. Il est possible que quelqu'un a déjà dit cela avant moi, cependant ma conclusion est une nouveauté pour moi car tirée de mon expérience personnelle. Et avec le mot caractère je ne détermine même pas une réalité morale, j'entends plutôt l'entité psychique permanente, se manifestant dans tout, dans les costumes, l'action extérieure, le sentiment, la langue, l'Histoire, l'allure, tantôt en bien, tantôt en mal. Le brésilien n'a pas de caractère parce qu'il n'a ni une civilisation propre, ni une conscience de la tradition. Les français ont un caractère, les mexicains et les yorubas aussi. Que ce soit à cause d'une civilisation propre, un péril imminent ou la conscience des siècles qui les y a aidés, il est certain que ceux-là ont un caractère. Le brésilien non.(...) "
Les thèmes puisés dans l'oeuvre de Mario de Andrade et qui ont inspiré d'une part le texte du Samba écrit par Gérald et Laurent, d'autre part les costumes imaginés par la commission ad hoc, peuvent être classés en 3 catégories :
- la nature, qui est constamment présente dans l'oeuvre, bien au-delà
du seul " décor " de la narration, elle fait partie intégrante
du récit
- des objets ou entités fortement symboliques et qui jouent un rôle
clé dans l'histoire
- des personnages
Ce thème est souligné dans le samba par les deux vers " Descobrindo sem pará / Tesouros da natureza ". Il est plus largement développé au travers des costumes, car très visuel.
Le héros est au départ un indien, même s'il subira de nombreuses transformations, symboliques du métissage du peuple brésilien. Il est né sur les rives de la rivière Uraricoera, en pleine forêt amazonienne (dans l'Etat du Roraima). Cette dernière tiens donc une place centrale dans le récit et de nombreux moments clés se situent dans une forêt : son abandon par sa mère au début, le personnage de Ci, mère de la forêt qui donnera au héros son amulette, etc.
Le costume de la bateria symbolise cette forêt et est nommé dans le synopsis " floresta ", c'est à dire forêt. Quant aux danseuses (Ala mixta I), elles porteront un costume qui fait le lien entre les plantes et les animaux," flores e borboletas ", c'est à dire fleurs et papillons.
Les animaux tiennent aussi une place importante. Le plus central est certainement le perroquet que l'on découvre à la fin du roman et qui est en fait le narrateur, car c'est à lui que Macunaíma a confié son histoire et qui finalement la racontera à l'auteur : " Il raconta tout pour l'homme puis ouvrit les ailes pour prendre le chemin de Lisbonne. Je suis l'homme, bonnes gens, et je suis resté pour vous raconter l'histoire. C'est pour cela que je suis venu ici. Je me suis blotti en haut de ces feuilles, me suis débarrassé de mes tiques, j'ai mis les doigts sur ma guitare et j'ai crié en chantant d'une parole impure les phrases et les faits de Macunaíma, notre héros ".
Une autre partie des danseuses (Ala mixta II) portera un costume inspiré des perroquets, " Ararás e Periquitos " (noms de 2 familles de perroquets d'Amazonie).
Enfin, bien qu'apparaissant brièvement, un animal tient un rôle également très important, notamment par son nombre, la fourmi : elles sont au nombre de 40 000 " fourmis de feu " (famille de fourmis à la piqûre urticante) à " punir " un des personnages du roman, à la suite d'une cérémonie de Macumba demandée par Macunaíma pour se venger de celui-ci.
Les enfants participant au défilé (Ala das crianças) porteront un costume de fourmi.
Le premier objet fortement symbolique est le talisman (" muiriquitã ") que Macunaíma porte, perd, cherche à retrouver tout au long du roman. S'il n'est pas directement présent dans les costumes, il est mentionné dans le samba.
L'étoile, ou plutôt les étoiles, sont très importantes dans l'histoire. Tout d'abord, plusieurs personnages se transforment en étoile, forme ultime et sorte de montée au paradis après une vie de souffrance. Ensuite, les étoiles regroupées en constellation apparaissent en plusieurs points du roman, et surtout constituent l'apothéose du héros Macunaíma, ce dernier étant transformé en la Grande Ourse par un personnage apparu en cours d'histoire, Pauí-Pódole, et qui lui- même, alors oiseau, était devenu la Croix du Sud.
Un costume " estrelas e constelaçoes " (étoiles et constellations) a donc été créé pour la première " ala ", celle juste après la " comissão de frente ".
Un autre objet a été choisi, non pour son rôle dans l'histoire du roman, mais pour son caractère symbolique plus général : la corne d'abondance.
Le costume des " baianas " comportera ainsi une coiffe montrant une corne d'abondance laissant échapper des fruits : cela renvoie aussi au thème de la nature
Macunaíma le premier est inévitablement présent : il est mis en situation puis interpellé dans le samba, et sera également présent dans le défilé.
Le couple " Porta-bandeira e Mestre Sala " aura un costume représentant le héros.
Parmi la vaste galerie de personnages, Macunaíma étant lui-même plusieurs personnages tellement ses facettes sont nombreuses, deux ont été choisis pour leur rôle dans l'histoire ainsi que pour les possibilités d'évocation au travers des costumes.
Tout d'abord, Vei, déesse/mère soleil, qui après avoir voulu marier une de ses trois filles à Macunaíma, se vengera plus tard en s'en prenant à ses attributs virils (le sexe est très présent dans ce roman, mais on comprendra pourquoi çà n'est pas un thème central dans l'enredo !). Compte tenu de son potentiel spectaculaire, elle a été retenue comme un thème à la fois pour les costumes, mais aussi dans le samba puisqu'elle est invoquée dans l'introduction écrite en français.
La " comissão de frente ", le groupe qui ouvre le défilé, portera donc un costume sous l'intitulé " Vei, Mãe do Sol ", Vei mère du soleil.
L'autre personnage du roman qui donne lieu au plus de péripéties, presque à égalité avec Macunaíma lui-même, c'est Piaíman le géant, qui apparaît d'abord comme Venceslas Pietro Pietra. Les interventions de ce personnage sont très liées à l'objet certainement le plus important, à savoir le talisman : il le volera à Macunaíma qui n'aura de cesse que de le lui reprendre.
Cela donne lieu à de nombreuses scènes animées, notamment
celle de la vengeance de Macunaíma où interviennent les fourmis
et où le géant est battu. C'est à cela que fait allusion
le samba lorsqu'il parle de ce personnage sous son nom de Pietro et qu'il dit
à Macunaíma : " Você pode bater o Pietro ", tu
peux rosser Pietro.
Le costume du " destaque " reprend ainsi ce personnage clé.