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"Brasil e França : dois países,
uma história" |
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voir les paroles du samba, écouter la musique
cf. notamment http://www.geocities.com/Athens/Styx/6497/ffbrazil.html , lire
" Rouge Brésil " de Ruffin
- les français ont tenté de s'établir dans la baie de Guanabara,
en 1555, dans une expédition commandée par De Villegagnon qui
voulait créer la " France antarctique "
- auparavant, des navires normands ont commencé à établir
un commerce autour du pau brasil, un bois utilisé pour la teinture. Le
premier navire français à aborder les côtes brésiliennes,
en 1504, s'appelait " l'espoir "
- on peut considérer que les français sont en partie à
l'origine de la fondation de Rio : les Portugais les chassent de la baie de
Guanabara et, pour confirmer leur emprise, y fondent un établissement
colonial, Rio de Janeiro (nom initialement donné par le découvreur
probable de la baie, André Gonçalves). Les français se
" vengeront " par la prise en otage de la ville en 1711 par Duguay
Trouin.
- celle tentative de France Antarctique s'est faite dans un contexte religieux,
au moment où la religion réformée cherchait à se
faire une place en France. De Villegagnon était calviniste : les huguenots
ont failli s'implanter et il faut attendre l'histoire récente du Brésil
pour voir certains courants protestants américains s'implanter
- cette aventure est aussi marquée par les rapports avec les indiens
: peut-on voir une différence avec les espagnols et les portugais ? Il
y a en tout cas un parallèle à faire avec les pélerins
du Mayflower en Nouvelle Angleterre : les français ont certainement été
sauvés par les indiens qui leur ont fourni de la nourriture
- deux autres tentatives d'implantations françaises ensuite : la fin
de celle de São Luis do Maranhão signe la fin de la présence
française " coloniale "
cf. http://www.multirio.rj.gov.br/historia/modulo02/missao_artistica.html et
http://www.ginganago.com/capoeira/histoire/debret/default.asp
- Le Roi dom João VI fait venir en 1816 une importante mission européenne
(française) à la Cour. Des peintres français, dont JB Debret
y participent
- ils contribuent à la création de l'Académie brésilienne
(académie impériale des arts et belles lettres)
- leur vision du Brésil de l'époque, notamment des " figures
" et métiers, est très instructive : " Voyage pittoresque
et historique au Brésil", Jean-Baptiste Debret
cf http://membres.lycos.fr/clotilde/acetbres.htm , http://anagogie.free.fr/2-histoire_spiritisme.htm
- la Révolution Française a inspiré les premiers indépendantistes
brésiliens, dont Tiradentes, exécuté en 1792
- Auguste Comte, père du positivisme, et Benjamin Constant Botelho de
Magalhães, officier de l'armée brésilienne et professeur
de mathématiques à l'Ecole militaire de Rio de Janeiro, sont à
l'origine de la République, fondée en 1889
- ils sont aussi à l'origine de l'abolition de l'esclavage en 1888, du
drapeau brésilien dont la devis " ordre et progrès "
est purement positiviste, de la protection des indiens et de la première
constitution moderne au Brésil, celle du Rio Grande do Sul
- le 19ème est aussi celui où le spiritisme, en grande partie
développé par Alan Kardec, s'implante fortement au Brésil
- le candomblé a intéressé/influencé les intellectuels
français : Pierre Verger, photographe et initié au rite (http://www.pierreverger.org.br/fr/pierre_verger/biografia.htm),
Roger Bastide, Gisèle Cossard-Binon (anthropologue, a écrit une
thèse sur le Candomblé, 1ère française initiée,
fille-de-saint de Joãosinho da Goméa , actuellement mère-de-saint
à Raiz da Serra)
- la coopération scientifique a également démarré
à cette époque : l'Ecole des Mines d'Ouro Preto a été
fondée, à la demande de Pedro II, sur le modèle de l'Ecole
de Saint-Etienne. On peut également considérer que la botanique
brésilienne est née avec le voyage d'étude d'Auguste de
Saint Hilaire en 1819
- on peut également citer l'architecture qui a été très
influencée par la France, après l'influence portugaise au 18ème
siècle, et avant son autonomie créatrice au 20ème
cf. http://www.diplomatie.gouv.fr/actu/article.asp?ART=27324
- la France est présente au Brésil : échanges commerciaux,
entreprises françaises implantées, touristes…
- des faits ou éléments forts ont marqué ces relations
récentes : Brigitte Bardot, le Concorde atterrissant à Rio, l'implication
politique de certains par le soutien aux Sans Terre et la participation à
Porto Alegre, la sympathie de beaucoup de français pour Lula….
- on peut s'interroger sur les apports actuels de la France au Brésil
: science, technologie, littérature… ?
- il y a des stéréotypes sur les français comme il y en
a sur les brésiliens (cf. plus loin)
- " les français ne se lavent pas, ils se poudrent et se parfument
"
- le pays de la mode et du raffinement
- l'érotisme (cf. le cliché dans la littérature, en particulier
chez J Amado, de la prostituée française)
- l'influence de la mode actuelle au Brésil ?
- l'Alliance Française, les lycées français ont participé
(mais participent-ils encore ?) à la formation des élites
- quelques mots français ont " immigré " dans le brésilien,
mais l'influence s'est surtout faite sentir sur le portugais du Portugal, au
18ème siècle, au moment justement où le portugais du Brésil
a commencé à se différencier
- " la garde meurt mais ne se rend pas " est la devise de la garde
républicaine du Brésil
- au-delà des stéréotypes, elle se distingue par son esprit
festif : la similitude avec un aspect de la culture française, particulièrement
dans le Sud-Ouest, facilite une certaine intégration
- que font-ils, où sont-ils : restaurateurs, vendeurs d'artisanat,…
- il semble que peu des réfugiés politiques venus en France au
moment de la dictature des années 60 soient restés : la communauté
implantée serait donc assez jeune ?
- certains brésiliens ont marqué l'histoire : un des pionniers
de l'aviation en France a été Santos Dumont, né à
Palmyra (qui a depuis été rebaptisée Santos Dumont) près
de Sao Paulo, fils d'un riche planteur et grand propagateur, par ses fantaisies,
de l'image festive des brésiliens
- les étudiants sont nombreux à venir en France : 1237 en 1998,
soit la part la plus importante des étudiants d'Amérique Latine
- des chercheurs viennent également en France, dans le cadre d'un programme
de coopération appelé CAPES-COFECUB et datant de 1978 (un des
plus anciens accords bilatéraux dans ce domaine)
- les sportifs brésiliens sont nombreux en France, parfois pour de très
courts passages: foot, surf, tennis, F1
- les produits et matières premières venant du Brésil
ont eu ou ont encore une grande importance : café, cacao, caoutchouc,
soja (dont il est seul grand producteur non OGM)…
- Entreprises et technologie : peu d'entreprises brésiliennes sont implantées
en France. On peut relever le cas d'EMBRAER , dont les avions équipent
Air France ou l'armée de l'air
- la présence économique est finalement plus visible par la communauté
brésilienne implantée, par les artistes et sportifs de passage
: le Brésil se vend bien (cf. plus loin sur les images)
- les brésiliens font une percée à la belle époque,
au moment du boom économique, notamment du caoutchouc : cf. " La
vie parisienne " d'Offenbach, avec la célèbre chanson "
je suis brésilien, j'ai de l'or " (http://www.amazon.com/exec/obidos/tg/detail/-/B000007TD4/103-4146197-6753465?v=glance&vi=samples
)
- le Brésil a eu une influence sur la musique et la littérature
française : Darius Milhaud, Claudel, Cendrars, Nougaro, Lavilliers, Moustaki…pour
n'en citer que quelques-uns
- de nombreux artistes brésiliens s'implantent en France et propagent
une image plus ou moins stéréotypée de la culture, et ont
ici une carrière qu'ils n'auraient peut-être pas eue au Brésil
: cf. la chanson de Vitto " les brésiliens deviennent artistes en
Europe "
- l'architecture brésilienne a également marqué la France,
à commencer par l'architecte certainement le plus connu, O Niemeyer (qui
a réalisé entre autres le siège du Parti Communiste Français
et le centre culturel Le Volcan au Havre)
- le cinéma brésilien a connu un succès variable : d'Orfeu
Negro (favela un peu de carte postale) à Cidade de Deus (la favela dure),
en passant par le cinema novo qui a puisé son inspiration dans la Nouvelle
Vague (cf. en particulier " Macunaíma " de Joaquim Pedro de
Andrade)
- un photographe brésilien, Sebastiao Salgado, s'est fait connaître
par son travail sur les paysans du monde entier, et particulièrement
par " Terra " en 97, sur la lutte des paysans sans terre au Brésil.
Il est un des plus ardents défenseurs de l'idée d'une photo comme
outil de connaissance des grands enjeux du monde, de la " photo concernée
"
- la peinture : des peintres brésiliens sont venus en France, ont tissé
des liens avec des peintres français, par exemple Iberê Camargo
qui fut l'élève du Bordelais André Lhote en 1949
- les stéréotypes sont nombreux : transsexuels et Bois de Boulogne,
Chico (passé de la pub aux sketches, sur Canal Plus) , le culte du corps
(bodybuilding, chirurgie plastique, la plage…)
- ces stéréotypes puisent dans les mythes, les erreurs, et produisent
une contre-culture : Dario Moreno, batucada, lambada, bossa-nova…
- le Brésil est très présent dans la publicité,
produisant elle-même ou recyclant des stéréotypes : Schweppes
et Chico Buarque, Chico et Universal mobile, Nissan…
- la mode fonctionne sur ce même registre : le string, les tongues, le
beachwear - surfwear…
- un célèbre bordelais a été influencé par
le Brésil : Montaigne a largement puisé dans les récits
de voyageurs au Brésil (notamment Jean de Léry) pour définir
sa position sur l'esclavage, les peuples indigènes. On peut lire dans
Les Essais ("Des Cannibales") " Or je trouve, …, qu'il n'y a
rien de barbare et de sauvage en cette nation, à ce qu'on m'en a rapporté,
sinon que chacun appelle barbarie ce qui n'est pas de son usage "
- des géographes, des spécialistes des sciences politiques…se
sont intéressés au Brésil
- Bordeaux est une des 9 villes françaises a bénéficier
d'un Consulat du Brésil
- Macunaíma est évidemment un acteur important de cette présence
- la communauté brésilienne est implantée depuis plusieurs
années : André, en 1985, a été un des premiers,
et selon des sources non officielles, il y aurait plus de 500 brésiliens
sur Bordeaux et la Région
Enredo écrit par Alain Escadafal
Remerciements à Laurent Mauvignier et Gérald Guillot