Carnaval 2006

"Amazonia, um Eldorado sacrificado"

Samba-enredo (musique) - Sinopse (structure du défilé) - Fantasias (costumes) - Enredo (thème)

Organisação :

Presidente : Alain ESCADAFAL
Autores : ??
Compositores : ??
Arranjos : Gérald
Carnavalesco : ??
Fantasias : ??
Puxador : Laurent


Enredo (thème) :

"Amazonia, um Eldorado sacrificado."
Amazonie, un Eldorado sacrifié

Important :
Ce texte est une compilation destinée à nourrir la créativité carnavalesque.
Il ne s'agit en aucun cas d'un travail à portée scientifique.

 

I. Amazonie, la forêt de la démesure :

L'Amazonie légale :

Elle couvre 60% du territoire brésilien pour 17 millions d'habitants. Elle comprend la région Nord, une partie du Mato Grosso, du Goias et une partie du Maranhão. Tout ceci représente une surface équivalente à l'Europe occidentale. Elle représente environ 2/3 des surfaces de forêts tropicales subsistantes dans le monde.

Le royaume de l'eau :

S'étirant sur 6700 kms, le fleuve Amazone est rejoint par 1100 affluents tout au long de son parcours. Avec 210 000 m3 par seconde à son embouchure, il représente 15% des apports d'eau douce continentale dans les océans. La pluviosité du bassin amazonien se situe dans une fourchette de 1500 à plus de 3000 mm par an.

Temple du vivant :

c'est une manne de ressources naturelles pour l'humanité, dont la biodiversité est unique. On y compte plus de 30000 espèces de plantes, certaines probablement endémiques, et 5000 essences d'arbres. Les scientifiques, pour qui c'est une source infinie de nouveautés (que ce soit en entolomogie, biologie, anthropologie, zoologie,etc.) s'accordent pour dire que toutes ne sont pas découvertes.
La faune y est plus représentée que partout ailleurs. 20% des oiseaux et 10% des poissons qui peuplent la planète.

L'Amazonie humaine :

Cette région est aussi bien sûr, le berceau des indiens répartis en 220 ethnies constituant des sociétés très diverses vivant sur dans des environnements aussi variés que des forêts tropicales humides, des savanes, des forêts d'épineux ou des déserts . La plupart de ces ethnies ont une population très réduite (moins de 5000), une quinzaine ne comptant que 50 personnes ou moins et certaines comme les Xetá du Paraná ne sont formés que de 7 à 8 survivants.

II. Les cycles du pillage :

Chroniques d'un pillage annoncé :

Dès la colonisation, les indiens ont été spoliés de leur terre et de leurs connaissances, utilisés comme main d'œuvre pour l'exploitation des ressources de la forêt (cueillette, chasse, pêche). A l'époque les enjeux étaient le contrôle de la main d'œuvre et non celui de la terre

Le boom du caoutchouc :

Dans les années 1860, il a entraîné la migration des populations nordestines attirés par une manne qui s'est avérée illusoire. A l'époque, la question de l'appropriation de la terre ne se posait pas, l'espace était suffisant pour éviter les conflits fonciers. Les indiens frontaliers étaient sous le joug des colons. Le vol de plants d'hévéas qui seront exploités en Inde et en Asie à un coût moindre signe la fin du cycle du caoutchouc dans les années 20. Les exploitants qui choisissent de rester se lanceront dans l'agriculture. Ils forment des nos jours, avec les indigènes déculturés et les immigrants de la première vague (souvent métis), les " populations traditionnelles ".

Le programme d'intégration nationale :

Lancé à la fin des années 60, il consiste en la construction de routes traversant l'Amazonie (notamment la Transamazonienne ) et l'attribution de terres autour de leurs tracés. Les plus grosses parcelles adjointes à des aides fiscales pour développer un élevage extensif seront alloués aux plus riches. Mais l'Etat a été débordé par l'afflux de migrants pauvres s'installant jusque dans les territoires protégés (parcs nationaux, forêts classées, terres indigènes). De plus, on a vu alors l'émergence d'une intense spéculation foncière et l'appropriation de terres publiques par des grandes entreprises, des commerçants, des fonctionnaires, des politiciens, des éleveurs, des forestiers, des exploitants miniers…

Les conséquences :

Tout ceci a généré de nombreux conflits entre les populations traditionnelles et les petits exploitants mais aussi entre ces petits exploitants et les gros éleveurs dans une lutte pour les terres. Par ailleurs, ces diverses exploitations de la forêt laissent des séquelles d'un point de vue écologique. Les exploitations minières rejettent de grandes quantités de mercure entre autres, et libèrent les sédiments ce qui modifie la stabilité du lit de l'Amazone et pollue ses eaux. Les exploitations agricoles, elles, polluent par les pesticides rejetés dans les eaux et nécessitent de grandes surfaces déboisées pour leurs cultures comme pour l'élevage. Or on sait que la terre qui n'est plus protégée ni nourrie par les plantes et les arbres est lessivée par les pluies, se désertifie alors très vite et on assiste à des glissements de terrain etc. La déforestation accroît les risques d'incendie, elle est la cause de disparition de certaines espèces animales, végétales et du déclin des indigènes. On estime qu'en 5 siècles de colonisation, la population indienne est passée de 5 millions à 350 000 personnes (ils n'étaient plus que 100 000 dans les années 70). Et malgré les efforts de l'agence gouvernementale pour la protection des indiens, une ethnie disparaît tous les 2 ans. Les indiens exploitent eux aussi les ressources de la forêt et déboisent de petites surfaces, mais ils les rendent à la forêt au bout de 5 à 10 ans. Ils ont été victimes de contamination parfois intentionnelle, de massacres… L'avancée du déboisement les oblige à s'acculturer ou à migrer toujours plus loin.

III. Les combattants de la forêt :

Chico Mendès :

1944 : Naissance de Francisco Mendès Alves Filho, surnommé Chico Mendès.
1962 : Rencontre avec Euclide Fernandes Tavore, c'est lui qui lui apprendra à lire et écrire et qui le poussera dans la lutte syndicaliste.
1975 : Création des premiers syndicats.
1979 : Adhésion de Chico Mendès au syndicat des Travailleurs Ruraux de Xapuri à quoi il se consacre entièrement.
1982 : Assassinat de Wilson Pinheiro, Président du Syndicat des Travailleurs Ruraux. Assassinat qui va pousser les Seringueiros à prendre en otage l'un des propriétaires terriens complice du meurtre afin qu'un procès ait lieu.
1985 : Création du Conseil National des Seringueiros (CNS) qui va aboutir au premier congrès des Seringueiros au mois d'octobre à Brasilia. Les débats déboucheront sur la création des réserves d'extraction en Amazonie.
Vers 1986 : Les propriétaires terriens, face aux attaques répétées des travailleurs ruraux, décident de créer l'Union Démocratique Rurale, mouvement d'extrême droite qui aura entre autres comme objectif de détruire le syndicat des travailleurs ruraux. D'après l'UDR, Chico Mendès est un "gêneur", il empêche l'ensemble des propriétaires terriens d'avancer.
1988 : Chico Mendès est continuellement menacé mais cela ne décourage en rien sa volonté de poursuivre ses actions.
22 Décembre : Chico Mendès est assassiné. Cet assassinat fait l'effet d'une bombe, les commanditaires de ce meurtre étaient loin d'imaginer l'impact que cette mort aurait sur la population et dans le monde entier. Chico Mendès est devenu le symbole de la lutte ouvrière pour la préservation de la forêt amazonienne et de ses ressources naturelles face aux grands propriétaires. Il luttait pour que Indiens et extractivistes travaillent de concert à la mise en valeur de la forêt sans la détruire.

Sœur Dorothy :

L'assassinat pour défendre les travailleurs ruraux de la religieuse Dorothy Stang a bousculé le gouvernement de Lula. Celui ci a militarisé la zone où se déroule une véritable guerre entre les propriétaires terriens et les paysans. Durant 30 ans, cette femme a travaillé dans les communautés rurales, militante de la Commission pastorale de la terre (CPT), elle fut active durant une vingtaine d'années avec les plus pauvres de la région amazonienne du Para. Elle a pu fonder 22 écoles et un centre de formation de professeurs. Mais sa plus grande ambition était "La Esperanza", un programme de développement durable en Amazonie, qui vise à répartir 130 000 hectares entre 600 familles paysannes. Ce fut aussi la cause de sa mort, son assassinat a été commandité par ceux qui s'opposaient à son travail en défense des sans terres et de la préservation de la forêt. Mais il s'inscrit aussi dans un cadre plus général de lutte pour la terre et pour la survie dans ce Brésil hypra-inégalitaire.

Chef Raoni :

"Sauver la forêt, c'est nous sauver nous-mêmes..." Raoni est le leader du mouvement de défense de la forêt amazonienne. Pour cette cause, il a risqué de nombreuses fois sa vie. Grâce à l'aide de ses amis du monde entier et après de longues années de guerres et de promesses non tenues, le Brésil lui a rendu officiellement la terre de ses ancêtres. Le territoire, grand comme le tiers de la France, est désormais protégé et délimité. Mais le danger rôde autour de la réserve et il veut désormais créer un institut pour la sauvegarder. Il nous explique pourquoi.
Raoni avait vingt ans lorsqu'il a vu le premier homme blanc. C'était un garimpeiro, un chercheur d'or. il était à cheval et Raoni a pensé que les Blancs étaient curieux parce qu'ils avaient quatre jambes et deux têtes. Depuis, il est devenu le plus respecté et le plus redouté des chefs Kayapos. Longtemps considérés comme les Indiens les plus dangereux d'Amazonie, ils massacraient tous les bûcherons, les orpailleurs et les ramasseurs de caoutchouc qui osaient s'aventurer sur leurs terres. Les envahisseurs ont tout fait pour les exterminer. Mais Raoni veille. À son seul commandement, les tribus locales peuvent se dresser contre les destructeurs de la forêt. D'un mot, il peut aussi atténuer les tensions et ramener la paix. Il a unifié son peuple et fait le tour du monde pour plaider sa cause. Trois cents générations séparent la fin de la préhistoire de l'ère spatiale... Raoni a franchi cette arche du temps en une seule vie. Il a rencontré les puissants de ce monde, mais il habite une simple hutte et ne possède rien sinon son nom, son bien le plus précieux, dit-il souvent, car il ne peut être vendu...

Claude Lévy-strauss :

Claude Lévi-Strauss est assurément l'un des grands penseurs du XXe siècle. Il est né en 1908 et après des études de philosophie, il s'est tourné vers l'ethnologie : en 1935, il part pour le Brésil comme professeur de sociologie à l'Université de São Paulo. Au cours des années qui vont suivre, il va étudier les tribus indiennes de l'Amazonie. C'est le récit de ses voyages à l'intérieur de ces sociétés dites " primitives " qu'il racontera, en 1955, dans le livre qui l'a rendu célèbre, Tristes Tropiques.
Dès son arrivée au Brésil, Lévi-Strauss commence à étudier le folklore et les fêtes campagnardes dans les villages des environs de São Paulo. Mais pour rencontrer les Indiens dont lui a parlé Bouglé, il lui faudra aller beaucoup plus loin. Et dès les premières vacances scolaires, il monte une expédition ethnographique au Mato Grosso, dans les tribus Caduveo et Bororo. Dans les années qui vont suivre, il étudiera d'autres tribus, notamment celle des Nambikwara. Il a longuement raconté dans Tristes Tropiques, ces voyages à l'intérieur de la forêt amazonienne, à la rencontre de peuplades dont il s'efforce de restituer le système économique et l'organisation sociale, les modes de vie et de pensée, les coutumes et les croyances. Cet ouvrage est un cri d'alarme face aux ravages imprimés par la " prétendue " civilisation sur des populations entières . Au nom de l'égalité des cultures et des races, il se fait le défenseur acharné de la non-ingérence occidentale dans la vie de tribus auxquelles il reconnaît une pensée sauvage élaborée, empirique, digne en tout cas d'être respectée. Il pointe les dangers d'une mondialisation écrasante, les risques que font peser sur la planète des habitudes de consommation anarchiques et cette mise en coupe réglée de la planète, qui n'en était pourtant à son époque, qu'à ses balbutiements : " la civilisation n'est plus cette fleur fragile qu'on préservait, qu'on développait à grand-peine dans quelques coins abrités d'un terroir riche en espèces rustiques, menaçantes, sans doute, par leur vivacité, mais qui permettaient de varier et de revigorer les semis. L'humanité s'installe dans la monoculture ; elle s'apprête à produire la civilisation en masse, comme la betterave. " Dans ses entretiens radiophoniques avec Georges Charbonnier, en 1959, Claude Lévi-Strauss oppose les sociétés qu'étudie l'ethnologue aux sociétés modernes : " sociétés froides " et " sociétés chaudes ". Il reviendra sur cette distinction dans sa leçon inaugurale au Collège de France, en 1960. Il précise, à propos des sociétés qu'étudie l'ethnologue, pourquoi elles peuvent être définies comme " froides ". Il ne s'agit pas de dire que ces sociétés sont hors de l'histoire : elles sont dans l'histoire et leur passé est aussi ancien que le nôtre, elles ont connu des transformations, des crises, des guerres. Mais, dit-il, " tout en étant dans l'histoire, ces sociétés semblent avoir élaboré une sagesse particulière, qui les incite à résister désespérément à toute modification de leur structure, qui permettrait à l'histoire de faire irruption en leur sein. " Le souci dominant de ces sociétés est de vouloir persévérer dans leur être. Ce qui peut se résumer en trois grandes caractéristiques : la manière dont elles exploitent le milieu environnant garantit tout à la fois un niveau de vie modeste et la protection des ressources naturelles. Les règles de mariage que ces sociétés appliquent, si différentes qu'elles puissent être, ont pour point commun de limiter à l'extrême et de garder constant le taux de fécondité. Enfin, la vie politique y est fondée sur le consentement et n'admet pas d'autres formes de décision que celles fondées sur le principe de l'unanimité et exclut absolument tout fonctionnement fondé sur la lutte entre un pouvoir et une opposition, majorité et minorité, exploiteurs et exploités. Encore faut-il ajouter que cette distinction entre " sociétés froides " et " sociétés chaudes " est surtout théorique : " il n'existe probablement aucune société concrète qui, dans son ensemble et dans chacune de ses parties, corresponde à l'un ou à l'autre type. "

Mouvement des sans terre :

Un mouvement puissant et influent
Depuis 1975, et plus spécifiquement depuis 1984 (date officielle de sa fondation), le Mouvement des Sans Terre demande que les terres non-exploitées des "fazendeiros" soient attribuées aux paysans. Aujourd'hui 100 000 familles sont actives au sein du MST soit 500 000 personnes. Il s'agit d'un mouvement social puissant, qui concerne la quasi-totalité des Etats brésiliens, et qui jouit d'une grande popularité urbaine, une popularité relayée par de nombreux mouvements politiques et syndicaux, et par la Commission Pastorale de la Terre (CPT), émanant de la Conférence épiscopale
Sur le plan international, le Mouvement des paysans sans terre a reçu le prix Nobel alternatif de la Paix en 1991 et le prix pour le Développement décerné en 1997 par la Fondation du Roi Baudouin de Belgique.
Stratégie : Le Mouvement des Paysans sans terre a provoqué une prise de conscience d'une ampleur sans précédent au Brésil sur l'urgence de la réforme agraire. Privilégiant l'autosuffisance alimentaire et la diversification des cultures, contrairement aux grands propriétaires terriens, le Mouvement des paysans sans terre cherche d'abord à nourrir ceux qui travaillent la terre. Mouvement d'essence pacifique, il base son action sur la négociation ou la pression sociale organisée : il appuie l'installation de paysans sans terre en campements provisoires - "acampamentos" - sur des terres non exploitées, obtient des parcelles incultes sur lesquelles s'établissent les paysans sans terre bénéficiaires de la réforme agraire - "assentamentos". Fin 1996, plus de 40 000 familles vivent dans 244 "acampamentos" et 1 564 "assentamentos" rassemblent 145 000 familles, sur près de 5 millions d'hectares mis en valeur.


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